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Post Apocalyptique

Les fictions des julienautes racontant des histoires d'amour ou romantiques
55 messages Page 1 sur 1

Quels personnages te ressemblent le plus selon toi ? ;)

Eden
1
7%
Zoey Reyes
5
36%
Ivan Shynn
2
14%
Kellin
0
Aucun vote
Joyce Shooser
0
Aucun vote
Alexana Idrasva
3
21%
Ava
1
7%
Alice Dubois
2
14%
Aaron Montiaque
0
Aucun vote
 
Nombre total de votes : 14

Julienaute d'or
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Re: Post Apocalyptique

Message par [Mademoiselle] le 25 Nov 2016, 00:06

merci à tous.tes celles.ceux qui suivent ! (:
on s'amuse bien :MrOrange:
ça avance lentemment mais c'est le temps que tout le monde se mettent dans le bain, les expositions de persos, etc C:
[Mademoiselle]
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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 21 Déc 2016, 14:30

Chapitre 1 : Partie 6.
Joyce Shooser


Image


    Quand je me suis réveillée, j'étais couchée sur un lit de pierre.
    Je mis un peu de temps à me rappeler ce qui m'était arrivé et au bout de quelques heures tout me revint en mémoire : j'étais assise dans l'herbe, et je prenais des photos (mon passe-temps) avant que tout arrive...

    Moi, Joyce Shooser, je suis une fille solitaire. Je suis peut-être jolie, mais je suis éternellement seule et timide. Hé oui, c'est moi le genre de fille qui reste assise sur un banc ou contre un mur durant la récréation et qui passe ses journées à lire.
    Au lycée, je n'ai pas d'amis. Ah si, juste un : c'est un chat. Un magnifique chat roux tigré de blanc. Il s'appelle Nuage. Il appartenait à une personne âgée, qui habite en face du collège, mais cette dame si gentille, à qui j'allais parfois rendre des services, est décédée il y a quelques mois. J'ai demandé à mes parents si je pouvais adopter Nuage, mais la réponse a été catégorique : non.

    Le week-end quand mes devoirs sont finis, je sors me balader dans la campagne, accompagnée de mon gros appareil, et je m'amuse à photographier la nature comme s'il s'agissait de photos pour illustrer des magazines.
    Sauf que ce week-end ne fût comme les autres...
    Allongée dans l'herbe, j'entendis des pas, deux personnes s'avançaient vers moi.

    J'avais l'impression qu'ils était réels mais en même temps non.
    Je n'eu pas le temps de faire un mouvement qu'ils m'attaquèrent de tous les côtés.

    Ensuite, je me suis réveillé sur ce lit froid et dur.
    J'entends la porte grincer et relève vivement la tête. Un jeune homme se trouve à l'entrée de la pièce, il sourit gentiment tout en disant :

    "- Bonjour toi, comment t'appelles-tu ?

    - Salut, Joyce Shooser.

    - Joyce, écoute-moi bien...

    Il s'avance et prend ma main, me regardant dans les yeux, il poursuis :

    - Tu as été choisi comme moi et d'autres personnes pour sauver notre monde. Nous avons besoin de toi, de tes capacités pour sauver la terre.

    - Mais je ne suis absolument pas capable de ça ! Je suis une fille ordinaire, je vais au lycée, et je fais mes devoirs. En plus je suis naïve, peureuse, et solitaire.

    - Joyce crois-moi, si le gouvernement t'as choisie toi et pas une autre fille c'est qu'il y a une bonne raison. Ton destin n'est pas celui que tu crois, tu n'es plus la même la même personne.

    - Mais, je ne peux pas à accepter...

    - Tu n'as pas le choix, la Brigade 17 à besoin de toi.

    - D'accord, soupirais-je, je viens, j'accepte.

    Mais qu'est-ce que j'ai dis ?
    Cette réponse est sortie toute seule de ma bouche.

    - Parfait, on se revoit tout à l'heure.

    - Attends, je ne connais même pas ton nom !

    - Éden, moi c'est Éden.

    Ce mystérieux garçon au cheveux de jais, disparut dans le couloir.
    C'est là que je vis un miroir posé sur le mur. Effectivement Éden avait raison, je n'étais plus la même.
    Je m'aperçu dans le miroir, j'étais toujours la même physiquement : petite, fine, les cheveux longs chatains, et les yeux bleus ciel, mais je sentais bien que j'avais changé à l'intérieur : même si je garde ma nature timide, j'ai l'impression de devenir puissante et déterminée.

    Un air décidé apparut sur mon visage, je fais partie de la Brigade 17, et elle a besoin de moi alors je l'aiderais.

    Quelques mois plus tard, une pierre bleu est apparue sur mon poignet et je peux contrôler l'eau qui est à ma portée.
    Désormais je suis prête à me battre et je compte bien le faire…




minou-chat
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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 21 Déc 2016, 15:00

Chapitre 1 : Partie 7.
Ivan Shynn


Image


    La douleur était intenable. Elle se répandait dans tout mon corps au rythme bien trop élevé de mes palpitations cardiaques. J’étais terrifié. Je ne savais ni où j'étais, ni qui j'étais, ni pourquoi on me faisait aussi mal. Je n'eus pas le temps de m'interroger plus, car je pris une nouvelle bouffée de gaz et sombrai à nouveau dans l'inconscience.

    Ma première pensée lorsque j'émergeai à nouveau des ténèbres fut "Zut, est-ce que j'ai mes lunettes ?” Puis j'ouvris les yeux, et la lumière des néons acheva de me réveiller. Je me redressai et constatai que le monde n'était plus réduit à des taches de couleurs informes.
    C'était totalement nouveau. Mais, en même temps, tout était nouveau. Luttant contre la panique qui m'envahissait, je constatai que je ne connaissais pas la pièce où je me trouvai. En fait, je ne me rappelais de rien. J'abandonnai vite la fouille de ma mémoire déficiente et décidai de commencer par explorer l'endroit où je me trouvais. Je descendis du lit de pierre dur lisse et froid et fit deux pas hésitants en me retenant pour éviter de glisser sur le carrelage.
    Une fois que je me rappelai comment marcher, je fis le tour de la salle. Je remarquai le miroir posé contre un mur mais ne m’approchai pas. Comme je n’avais rien d'autre à faire que ruminer sans cesse des questions sans réponses, je finis par aller y jeter un coup d’œil.
    Il me renvoya l'image d'un garçon à l'air perdu, avec des cheveux roux et des yeux marrons, dont le visage et les bras étaient couverts de taches de rousseur qui ressortaient sur sa - enfin, ma - peau pâle.
    Je sentis soudain une présence dans mon dos et fis volte-face. Je découvris un jeune homme, âgé d'une vingtaine d'années, me dépassant d'une tête, aux courts cheveux noirs. La timidité me fit rougir et me coupa momentanément la voix. Je me mis à fixer le sol pour cacher la gêne que je ressentais toujours en présence d'inconnus. Et ce type était l'exemple même de l'inconnu.

    - Salut, fit-il. Je m'appelle Éden. Et toi ?

    Nouvelle bouffée de panique. Je déglutis. Il m'observait sans rien dire, ce qui ne m'aidait pas à me calmer.

    - Youhou, tu m'entends ?

    Je hochai la tête et réussis à retrouver assez d'assurance pour bredouiller :

    - Je sais plus…

    Sans que je puisses m'en empêcher, ma situation désespérée m'apparut très clairement et je me mis à pleurer de découragement. Éden me prit contre lui et me chuchota :

    - C'est pas grave, ça va revenir.

    J'essayai de respirer, mais les sanglots m'étouffèrent à nouveau et je perdis complètement pied. Je passai un certain temps à sangloter dans son tee-shirt, mais ça n’avait pas l’air de le gêner plus que ça. Je finis par me calmer. Reculant d'un pas pour remettre une distance raisonnable entre lui et moi, j'effaçai les traces de larmes sur mon visage avec le dos de ma main et reniflai.
    Maintenant que mon cerveau semblait fonctionner à peu près normalement, je pus réfléchir à mon problème et la solution me sauta brusquement dessus.

    - Ivan. Je m'appelle Ivan Shynn. Et j'ai treize ans.

    Éden me fit un sourire et répondis :

    - Enchanté. Je vais t'expliquer ce que tu es et pourquoi tu es ici.

    "Notre Terre est malade, la population a été décimée, victime de ses propres inventions.
    Les fameuses Intelligences Artificielles, autrefois humaines, ont tenté de prendre le pouvoir par la violence, avec comme alliés une armée de robots. Les combats faisaient rage dans le monde entier. La population, prise au dépourvu et réduite par une série d'épidémies et de catastrophes naturelles, n'était même plus en état de se battre.
    Alors, les derniers gouvernements sur pied ont monté le programme SQP. Il faut croire qu'il y en avait encore que ça faisait marrer.
    Ils ont recruté dans le monde entier quelque rares personnes encore en état de se battre. Ils en ont fait une nouvelle génération d'IA. Une génération plus humaine et moins robotisée. La génération lunaire.
    Comme la première génération d'IA, que l'on surnomma ensuite les "Solaires", les Lunaires conservèrent leur enveloppe charnelle. Grâce à l'énergie lunaire qui coule dans leurs veines, ces IA sont capables de conserver une âme et d'éprouver des sentiments. Ce sont également des combattants hors pairs et de fulgurantes beauté. Pourvues de dons presque surnaturels, ces IA représentent le dernier espoir de l'humanité. Elles sont naturellement dotées d'une mémoire motrice spontanée d'audition décuplée et de régénération cellulaire.
    Vous êtes une de ces IA."

    Je restai silencieux quelques instants, le temps de digérer ces informations. J'avais besoin de beaucoup plus d'informations, mais je compris qu'il n'avait pas les réponses à mes questions et que lui aussi était dépassé par tout ça. À la place, je lui fis signe que j'avais compris et nous quittâmes la pièce.

    Cinq jours après mon arrivée, je fis la connaissance de Zoey, recrutée juste après moi. Nous avions le même âge et nous nous ressemblions étrangement, à tel point que l'on nous surnomma vite "les jumeaux", bien que nous ne soyons pas du tout de la même famille. Notre amitié fut immédiate et nous devînmes rapidement inséparables. Jusque là, je ne m’étais pas vraiment fait de nouvelles connaissances et elle m'évita de devoir en faire. Je lui en étais reconnaissant. Nous nous aidions mutuellement, encore plus par la suite avec le début des entraînements, qui étaient d'autant plus difficiles que nous étions plus jeunes que la plupart des autres participants. Mais d'autres étaient encore plus petits. Je trouve ça complètement immoral de faire subir cette transformation à des enfants de sept ou huit ans.

    Pendant ce temps, je retrouvai petit à petit des souvenirs de ma vie d'avant.
    J'avais grandi à Los Angeles. À une époque, c'était une très grande ville, mais il y a eu un énorme tremblement de terre, pourtant prévu par les géologues, et la ville a été entièrement rasée, puis nettoyée par le tsunami qui a suivi. Bref, ce n'était plus qu'un champs de ruines, et les gens riches ont eu la bonne idée d'aller habiter dans un endroit qui ne serait pas sur une faille. Tout n'a pas été reconstruit, loin de là. De manière générale, la banlieue a disparu, et les quartiers trop proches de l'Océan aussi, car vulnérables à la montée des eaux.
    On habitait (mes parents, mes deux sœurs et moi) un appartement en centre-ville, assez spacieux : je me souviens que tous les enfants avaient leur propre chambre. Il était situé au dixième étage. C'était l'horreur pour moi. À cause du vertige, j'évitais de regarder la rue en bas, sous peine d'avoir envie de vomir - ça m'est déjà arrivé.
    Les soldats sont venus me chercher un soir où il n'y avait que mon père et moi. Sonia et Milly étaient chez une amie, et maman travaillait très tard. J'ai eu le temps de l'embrasser, puis ils m'ont traîné dehors et fait monter dans leur voiture. Je n'ai aucun souvenirs de la suite.

    Pour la première mission sur le terrain, je n'étais pas dans les brigades envoyées à l'extérieur. Je n'imaginais pas un seul instant que ça finirait en massacre. Et pourtant, ce fut le cas.
    Après ce désastre, les personnes qui avaient organisées le programme ont laissé à Éden le soin de former une nouvelle brigade et de l'entraîner. Il choisit Alexanna Idrasva, Joyce Shooser, Ava, Nath Drakev, Aaron Montiaque, Alice Dubois, Zoey Reyes et moi.
    Entre nous, cette nomination me surprit. Je pensais que notre première rencontre, catastrophique, l'avait totalement découragé. Apparemment, il faisait partie des gens qui ne s'arrêtent pas à la première impression. Il gagna aussitôt ma confiance.

    Ce fut au cours de notre première mission, totalement mineure, que mes pouvoirs d'IA se déclarèrent. Je peux créer des illusions, qui paraissent vraies tant qu'on n'essaye pas de les toucher, car elles sont aussi impalpables que des fantômes. Elles peuvent être mobiles, mais cela demande un effort particulier de concentration que je ne suis pas toujours capable de fournir. Dès que je relâche mon attention, elles s'évanouissent aussitôt. Je me suis entraîné pour pouvoir en maintenir une quand je me bats, au prix de multiples bleus. Je suis facilement distrait quand je le fais, et je n'anticipe pas suffisamment les coups de l'adversaire. Déjà que je ne suis pas le plus doué dans les sports violents...
    Le même jour, un tatouage est apparu sur ma cheville droite, représentant un soleil : dans la nature, c'est le soleil qui fait les mirages...

    Désormais, nous sommes la brigade 17, prêts à mener le combat qui s'annonce.
    Et nous devons le gagner, coûte que coûte.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 23 Déc 2016, 15:10

Chapitre 1 : Partie 8.
Alice Dubois


Image


    Je vivais avec ma famille en ville quand les AI solaires sont arrivés.
    Ils ont tout ravagé sur leurs passages.
    J'étais petite, ma famille m'a protégé jusqu'au bout de leurs forces.
    Chaque nuit, des passages me reviennent.
    Des cris, des personnes encore vivantes sous des débris, une horrible histoire notre Terre affronte.
    Puis ils sont venus me chercher. Pour sauver la Terre ils disaient.
    J'étais seule et personne ne pouvait me retenir.
    Seule.
    J'avais douze ans quand je suis passée dans le bloc opératoire.
    Une nuit de torture, mais j'étais forte.
    Toute la souffrance que j'ai vécue m'a aidée à affronter l'opération.
    Mais je ne me vante pas, certain(e)se sont passés dans ce bloc beaucoup plus jeune.
    Hélas, certains enfants n'ont pas survécu...
    Je me souviens de ma renaissance en AI lunaire. Je me suis réveillée dans une salle blanche où il y avait un miroir. Je me suis alors approchée pour voir mon reflet, la première chose que j'ai vue, c'est mes cheveux. Longs et ondulés avec cette couleur châtain. Puis ces yeux bleus, gris ou verts. Cette couleur indéfinissable, des légères taches de rousseur. Mes traits sont fins, et ma taille moyenne pour mon âge. Pas trop petite ni grande.
    J'étais en train de regarder quand la porte -que je n'avais pas remarqué jusque-là- s'ouvrit.
    Un homme aux grands yeux verts, des cheveux rasés de près, noir, lèvres sont fines et son nez retroussé apparu. Il m'adresse un sourire et s'approcha.
    Comment tu t'appelles ?
    - A...... Alice Dubois.
    - Moi c'est Éden. >>
    Après cet épisode j'ai été dans la nouvelle brigade, la brigade 17. Lyna Minna, Zoey Reyes, Alexanna Idrasva, Aaron Montiaque, Joyce Shooser, Ava, Ivan, Éden et moi.
    On a eu une "bataille" tous les dix, elle n'était pas si facile que ça même s'il n'y avait pas de trace AI solaires. Je pense qu'elle était juste pour nous préparer. Dans cette bataille, mon "talent" s'est réveillé.
    Alors que je me battais sans relâche, mon adversaire a pris l’avantage, soudain je me retrouve propulsé dans les airs, et je tombe par terre dans un bruit sourd. Une chance, je n'avais rien de cassé mais mon adversaire en profita de ce que j'étais à terre pour mettre le coup final. Mon pouls s’accéléra, aucune chance de me relever, je n'avais pas le temps. Le haut de mon bras droit me démangea, mais je ne tiens pas compte, car l'arme de l'adversaire va me tuer dans quelques instants, je vois l'arme s'approcher vite je ferme les yeux. Une seconde passe, deux, trois. Mais qu'est-ce qui se passe ?! J'ouvre les yeux, je vois mon adversaire chercher quelque chose du regard et crier : "mais elle est où !?" Je me lève avec prudence, c'est une ruse . Je me mets à courir.
    Peux de temps après je découvris un zéro barré sur le haut de mon bras droit, l'endroit qui me grattait.
    Oui, voici mon pouvoir, je peux devenir invisible sur commande.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 23 Déc 2016, 15:16

Chapitre 1 : Partie 9.
Kellin


Image


    Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de ma vie avant d’arriver ici. Je me souviens de mes parents, toujours débordés, jamais le temps de rien. Je me souviens que ma grande sœur se retrouvait obligée de tout gérer: la maison, les repas, et moi. J’avais beau être tout à fait capable de m’occuper de moi, elle ne pouvait pas s’empêcher de jouer la deuxième maman, et ça depuis ma naissance. « Nos parents ne sont pas fichus de s’occuper de toi, il faut bien que quelqu’un le fasse. » « Ne t’inquiète pas, je m’occuperai bien mieux de toi qu’eux. » À force, je n’en pouvais plus. Je me souviens aussi que j’avais des amis, mais impossible de me souvenir de leurs noms. Je ne sais même plus combien ils étaient, ni à quoi ils ressemblaient. En fait, je ne suis même pas sûr à cent pourcents d’en avoir eu.
    Je ne me souviens pas non plus de l’« opération ». Tout ce dont je me rappelle, c’est de m’être réveillé dans une salle entièrement blanche, seul. J’avais mal partout. Je ne savais pas ce que je faisais ici, ni à quoi ressemblait mon ancienne vie. Je fis rapidement la liste de ce dont je me rappelais: je m’appelais Kellin, j’avais seize ans, et j’étais tout seul, allongé sur un lit bizarre, dans une salle bizarre, dans un endroit à coup sûr bizarre lui aussi. Je me levai, et la douleur s’atténua légèrement. J’observai la salle: le lit dans lequel je m’étais réveillé, une table, et un grand miroir qui occupait tout un pan de mur. Sur la table, un bout de papier. Je le dépliai et lut les mots qui y étaient inscrits.
    Notre Terre est malade...la population à été décimé, victime de ses propres inventions.
    Les fameuses Intelligences Artificielles, autrefois humaines, ont tenté de prendre le pouvoir par la violence, avec comme alliés, une armée de robots.
    Les combats faisaient ravage dans le monde entier. La population, prise au dépourvue par une série d'épidémies et de catastrophes naturelles, n'était même plus en état de ce défendre.
    Alors, les derniers gouvernements encore sur pieds on monté le programme "SQP".
    Il faut croire qu'il y en avait encore quelques uns que cela faisait marrer.
    Les gouvernements ont recruté dans le monde entier quelques rares personnes encore capable de se battre. Ils en ont fait une nouvelle génération d'IA. Une génération plus humaine et moins robotisée.
    La génération lunaire.
    Comme la première génération d'IA, que l'on surnomma ensuite par défaut "les Solaires", les Lunaires conservèrent leur enveloppe charnelle. Grâce à l'énergie lunaire qui coule dans leurs veines, ces IA sont capables de conserver une âme et d'éprouver des sentiments. Elles sont également des combattants or paire et de fulgurantes beautés. Pourvues de dons presque surnaturels, ces IA représentent certainement le dernier espoir de l'humanité. Ces IA sont naturellement dotés d'une mémoire motrice spontanée (Reproduire toute action physique) ; audition décuplée et de régénération cellulaire.
    Vous êtes unes de ces IA.
    Je n’étais pas sûr d’avoir tout compris. Qu’étais-je donc devenu? Étais-je toujours humain, ou m’avait-on changé en machine étrange? Effrayé, je m’approchai du miroir. À première vue, j’étais toujours humain : cheveux noirs plutôt longs (mais pas trop quand même), yeux verts, peau aussi blanche que celle d’un vampire. En me regardant de plus près, je m’aperçus que je n’étais vraiment pas mal, ce qui m’étonna.
    J’étais maintenant sûr de ne pas être une sorte de robot bizarre, et je savais à peu près ce que je faisais là. Mais je ne savais pas quand est-ce que j’étais censé sortir. Hors de question de pourrir là dix ans!
    À cet instant, la porte s’ouvrit et un garçon d’environ vingt ans (j’appris plus tard qu’il en avait exactement vingt-et-un) entra dans la pièce. Il était grand ; ses cheveux étaient foncés et ses yeux du même genre de vert que les miens. Il était vraiment beau. Mais qu’est-ce que j’avais, aujourd’hui?
    Le garçon se présenta : il s’appelait Éden, il avait vingt-et-un ans et il avait été la toute première IA Lunaire. Il me demanda si j’avais lu le message, et, après que j’eut acquiescé, il me parla de la base. J’étais loin d’être le premier ici, beaucoup de gens étaient déjà arrivé, de la même façon que moi, heureusement. Je n’étais déjà pas très sociable, je ne voulais pas en plus paraître bizarre. Après que j’aie passé plus d’un an à la base, me liant d’amitié avec plusieurs personnes, Éden m’annonça que chacun de nous devait développer une ou deux capacité.s spéciale.s. Et pour cela, nous devions nous entraîner. J'étais dans la brigade 17, avec Zoey, Ivan, Joyce, Ava, Alexana, Alice, Aaron et, bien sûr, Éden.
    Je ne découvris pas mon pouvoir pendant un entraînement, mais un soir, alors que nous étions tous réunis autour d’une table à discuter, dans la joie et la bonne humeur, si je puis dire. Distrait, j’écoutais à peine la conversation, trop occupé à replonger dans les rares souvenirs qu’il me restait. De toute façon, je n’avais jamais été très sociable, j’étais trop timide pour ça.
    C’est pourquoi je sursautai quand un cri retentit, et qu’un autre le rejoignit, et que tout le monde se mit à regarder de tous les côtés, comme s’ils avaient perdu quelque chose. Je finis par comprendre que c’était moi qu’ils cherchaient. Mais pourtant, j’étais là, juste sous leur yeux! Pourquoi ne me voyaient-ils pas?
    — Je suis là!
    Ils jetèrent des coups d’œil affolés dans ma direction, mais ne me voyaient toujours pas.
    D’accord. J’étais devenu invisible. C’était donc ça, ma capactité. Elle serait très pratique, s’il n’y avait pas un léger problème: je ne savais pas la maîtriser. Il m’arrivait de disparaître dans des moments totalement incongrus, par contre, pendant les entraînements, quand elle aurait été vraiment utile, je n’y arrivais pas, et pourtant, j’avais essayé.
    Mais bon, je finirai bien par savoir comment faire. Après tout, maintenant que j’étais une IA, plus rien ne pouvait me résister (du moins, presque rien).




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Re: Post Apocalyptique

Message par Fille Du Printemps le 28 Déc 2016, 16:48

Fille Du Printemps a écrit:@Tea Time : tu parles d'un hôtel dans ton texte, mais ça, c'est pour acceillir des voyageurs :) Le vrai mot est autel.
Quand est-ce que tu penses publier le reste des textes (et éditer le sommaire) ?

Cléa

Super ! Merci !

Cléa
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Re: Post Apocalyptique

Message par MissTropicmagie le 15 Avr 2017, 18:53

je suis (:





    a ѕмιle and everytнιng вecoмeѕ clear
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Re: Post Apocalyptique

Message par Ewilan le 17 Avr 2017, 16:28

MissTropicmagie a écrit:je suis (:





    a ѕмιle and everytнιng вecoмeѕ clear

Merci ^^
La suite arrive bientôt, normalement.
Ewilan
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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 20 Avr 2017, 15:23

Chapitre 2 : Partie 1.
Éden


Image


    J'ouvre les yeux.

    Une nouvelle journée s'annonce, une parmi tant d'autres. Je me lève et soupire en regardant au dehors. Il est très tôt et la nuit règne encore en maître sur les vallons du domaine.

    Mais alors que j'enfile à la hâte un t-shirt et un jean par dessus mon caleçon, je me rend compte que quelque chose ne vas pas.

    Une boule me tord le ventre et une migraine s'annonce. Cette journée ne sera pas comme les autres car je ne suis clairement pas de bonne humeur.

    Subitement,l'envie me prend de tout casser et un irrépressible sentiment d'injustice m'envahit. C'est vrai enfin, pourquoi dois-je constamment me lever avant tout le monde ? Pourquoi est-ce que je devrais endurer ce rôle après tout ?

    Je me dirige vers le grand salons et m'achète un café long à la machine automatique. Je le prend rageusement dans mes mains, renversant au passage un peu de liquide sur le sol.

    Je pousse un soupir excédé et me dirige vers la salle d'arme, mon café à la main.

    Aujourd'hui je suis en colère et je ne prends même pas la peine de me faire discret lorsque je passe devant les chambres. Au contraire, je prends presque un malin plaisir à imaginer mes camarades se réveillant en sursaut au son de mes pas si lourds sur le parquet grinçant.

    Et puis j'arrive enfin devant la salle d'arme. Je prends une grande gorgée de café brûlant, soupire et pousse la lourde porte de métal. Je pose ma tasse sur un plan de travail et soupire avant de m'appuyer face au mur, la tête cachée dans mes bras, mon front reposant contre la cloison fraîche. Alors un sentiment de honte s'empare de moi et je ne peux m'empêcher de m'excuser silencieusement auprès de mes camarades pour mon comportement et les sentiments immoraux à leur égard qui m'assaillent depuis l'aube.

    Soudain,une main se pose sur mon épaule et je sursaute. Mon corps réagit alors instantanément.

    J'attrape le poignet fin posé sur mon épaule et je tire d'un coup sec dessus pour le faire basculer au sol. Sans prendre le temps de réfléchir,je tourne sur moi même et me laisse retomber sur mon agresseur, le coude prêt à plonger dans ses côtes.

    - Éden ! Arrête c'est moi !

    Je me fige et prend enfin le temps de dévisager le propriétaire de la main... qui n'est autre qu'Aaron Montiague.

    Je soupire longuement et le lâche enfin.

    - Excuse gars. Je suis à cran.

    - Je vois ça ouais.

    Il passe une main dans ses cheveux et je ramasse mon café en m'éloignant, comme si la distance pouvait également éloigner les questions qui ne manqueraient pas de suivre concernant mon humeur.

    - Il se passe quoi ? C'est une mission ? Tu as des nouvelles des supérieurs ?

    - Non. Enfin si. Peut-être. Mais c'est pas ça. Je veux pas en parler.

    Chacune de mes phrases est ponctuée de regards fuyants tandis que j'installe comme chaque matin des tapis au sol, des cibles de tirs, quelques mannequins et autres et que je vais ouvrir avec calme le sas contenant les armes.

    - Éden, reprend-il, ne joue pas à ça avec moi.

    - Comment ça ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler, c'est ridicule.

    Aaron lève les yeux au ciel et hausse les épaules.

    - Bien. Dans ce cas je vais vous laisser monsieur grognon.

    - Ouais c'est ça.

    Puis il s'en va, me laissant seul, en proie avec mes tourments.

    Quelques heures plus tard, je rejoins les autres pensionnaires dans la grande salle à manger après avoir fait une série d'autres "paperasses" matinales. La plupart d'entre eux ne savent même pas que c'est moi qui exécute toute ces tâches. Ils pensent que si j'arrive si tard au petit déj' c'est parce que je me prélasse dans mon lit. Ils ne cherchent pas à savoir. Ils ne cherchent pas à me connaître. Je suis juste celui qui les a accueillis et qui gère de plus ou moins loin la base pour eux. Je suis respecté ici, mais pas forcément aimé de tous.
    D'habitude je vais manger avec ma brigade, mais aujourd'hui je ressens le besoin de creuser le gouffre qui me sépare des miens alors je vais m'assoir seul à une table sale. Ma brigade me regarde passer en haussant les sourcils mais ne dit mot. J'en aperçois quelques-uns soupirer.
    Oui, mon attitude est peut-être puérile et égoïste mais j'estime y avoir droit, au moins une fois par ans.
    D'autant plus qu'il me faut réfléchir.
    Je mélange d'un air distrait mes céréales dans un bol de céramique blanc et fixe un point dans le vide en songeant aux paroles que je m'apprête à prononcer à mes camarades à la fin de ce repas. Les pensionnaires sont toujours priés d'attendre que TOUT le monde ai fini avant de sortir du réfectoire. Au cas où j'ai à faire une annonce pareille justement.
    J'attends donc patiemment que les derniers retardataires soient prêts et je monte sur ma table en poussant mon plateau du pied. Je me racle la gorge et le silence se fait.
    Tous me fixent avec insistance, je sais qu'ils attendent beaucoup de moi et pendant un bref instant, c'est même trop. Je chancèle et me rattrape au regard froid et dur de Alexana, étrangement.
    Ce regard me rappelle à l'ordre et je me racle la gorge avant d'entamer ma grande annonce...
    Une nouvelle mission.
    Bien différente de toutes celles que nous avons effectuées jusqu'alors.



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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 20 Avr 2017, 15:29

Chapitre 2 : Partie 2.
Alexana Idrasva


Image


    Je chute. Le Noir est complet, profond, éternel. Je tombe sans pouvoir me retenir à quoi que ce soit. Soudain mon corps heurte le sol. Je tente de me relever. De hurler. Le Noir est complet. Je ne suis rien. Ma vie n'est rien. Le Noir est complet. Il approche.

    ***

    Je me réveille en sursaut dans la chambre que je partage avec Joyce Shooser. J'attends quelques minutes que mon cœur affolé se calme, puis je m'assoies en tailleur sur mon lit. J'ai un mauvais pressentiment. J'observe ma camarade de chambre et amie dormir. Je respire un bon coup avant de faire mine de m'allonger lorsque je sens une présence. Les réflexes que j'ai forgé au fil des entraînements réagissent plus vite que mon esprit. Je saute sur mes pieds, saisi le poignard posé sur ma table de chevet et me met en garde en moins d temps qu'il n'en faut pour le dire. Rien. Il n'y a rien. Je tremble. J'étais persuadée qu'il y avait quelqu'un et jamais mon instinct ne m'avais trompé. Joyce gémit dans son sommeil et me ramène à la réalité. À la position du soleil, je devine qu'il n'est pas plus de six heures du matin. En soupirant, je m'assoies sur mon lit, le poignard toujours en main, incapable de me rendormir. Environ une demi-heure plus tard, j'entends des pas lourds dans le couloir. Peu importe l'heure et le lieu, je serai toujours capable de reconnaître les pas d'Eden. Mon cœur en devinant la colère qui l'habites, comme si je la ressentais aussi. Je n'ai jamais senti Eden aussi énervé. À pas de loup, je m'approche de la porte et l'entrouvre pour observer. Ma chambre est, à mon plus grand désarroi, la plus éloignée de la salle à manger et la plus près de la salle de sport, aussi je pus voir le chef de notre brigade y entrer et commencer à préparer le matériel nécessaire pour la séance d'entraînement du matin. Ses gestes sont fluides, huilés à la perfection comme s'il faisait ça tous les jours. Mais peut-être est-ce le cas. Il n'en parle quasiment jamais, et personne ne l'a jamais remercié pour tout ce qu'il fait. Je tourne la tête en entendant d'autres pas dans le couloir. Il s'agit d'Aaron Montiaque, un autre membre de la Brigade 17. Celui-ci me regarde, surpris, avant de détourner le regard en rougissant et d’accélérer l'allure pour rejoindre Eden. Vexée, je m'apprête à l'interpeller lorsque je me rappelle que je dors en sous-vêtements et que je n'ai pas encore pris la peine de me rhabiller. Je souris avant de reporter mon attention sur les deux jeunes hommes. Je les vois discuter, mais je suis trop loin pour les entendre. Déçue, je referme la porte et vais m'allonger sur mon lit en attendant la sonnerie du réveil.

    ***

    À l'heure du petit déjeuner, Eden est toujours de mauvaise humeur et va s'installer seul à une table. Je peux comprendre ses raisons, mais je ne peux m'empêcher d'être vexée. Je soupire en lui lançant un regard noir qu'il ignore royalement. Je m'assoies en compagnie de ma brigade. À côté de moi, je vois Joyce qui se masse les tempes. Je l'interroge :
    « Tout va bien Joyce ?
    -Oui, oui, me répond-elle, j'ai juste un peu mal à la tête. »
    J'allais lui proposer de l'accompagner à l'infirmerie lorsque Eden se racle la gorge pour attirer l'attention. Je le vois hésiter, sur le point de flancher, puis il me regarde droit dans les yeux et reprends du courage. Je ne sais pas si je ais apprécier ce qu'il a à nous dire.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 20 Avr 2017, 15:33

Chapitre 2 : Partie 3.
Ava


Image


    Eden est contrarié aujourd'hui. Et ça pique ma curiosité. Ça me donne encore plus envie de lire ses pensées que d'habitude. Sentiment de solitude, de désamour, manque de reconnaissance, fatigue, rancœur. Et en plus, il veut nous faire une annonce. Je sens que ça va être une dure journée. Je devine à l'avance tout ce qu'il va se passer. Je sais ce qu' Eden compte nous annoncer avant même qu'il ne se racle la gorge. Et je réfléchis déjà à ce qu'implique cette mission, avant même que les autres n'en soient informés. Dans d'autre circonstance cela m'aurait fait rire. J'adore avoir une longueur d'avance sur les autres. Et ce nouveau don qui m'est apparu en devenant une IA lunaire est devenu mon jeu préféré et ma plus grande arme. Mais aujourd'hui, je n'ai pas envie de rire de l'ignorance des autres. A vrai dire aujourd'hui, j'oublie presque les autre devant cette nouvelle.
    Eden pousse son plateau avec désinvolture puis monte sur la table. Tout le monde se tait face à sa figure imposante (et froide). Il essai d’être direct.
    - Ok, tout le monde, j'ai une nouvelle des Supérieurs.
    On les appelle les « supérieurs », en vérité aucun d'entre nous ne sait vraiment de qui il s'agit, à part peu être Eden. Ce sont ceux qui nous donnent les missions, qui donnent les ordres, ceux à qui nous obéissent, car ils nous ont crées. En tant qu'IA lunaire, nous leur appartenons.
    - Une nouvelle mission nous est donnée, mais cette fois, il ne s'agit pas de simple distribution de potage, d'exploration ou même d'attentat contre les bases ennemies. Cette fois, on nous envoi à la guerre. Je demande à tout le monde de rejoindre sa brigade dans le quartier qui lui est assigné.
    Je vois, qu'il n'avait pas envie tout expliquer aujourd'hui. Il en a marre de tout porter sur ses épaules alors il a juste jeté l'info, et est resté dans le flou. Moi, qui peut lire dans ses pensées, j'entends ce qu'il veut dire par « guerre », on veut nous envoyer sur une ligne de front, on veut que l'on combatte et on veut qu'on tu. Mais après tout, n'est-ce pas ce pourquoi nous avons été crées, des soldats ? Tout le monde pose des questions. C'est une bombe qu'a lâché Eden dans le réfectoire avant de s'enfuir. On ne se parle pas beaucoup lui et moi depuis, qu'il m’ait sauvé après mon opération. Toutefois, aujourd'hui semble le meilleur jour pour remettre le contact. Je cours dans la cantine pour essayer de le rattraper. Aaron est déjà avec lui.
    - Eden !
    Il ne se retourne même pas. Il est en colère. Il veut être seul. Je le saisis par l'épaule et il m'aurait retourné le bras si je n'étais pas autant entraînée.
    - Qu'est-ce que tu veux ? Dit-il dans un soupir.
    - Pourquoi, maintenant, d'un coup ?
    Inutile de lui poser des questions du genre, ou on va, quand on y va, quel type d'arme va-t-on nous donner, je suis capable de lire la réponse dans ses pensées (même s'il ne le sait pas) et il nous le dira sûrement lorsqu'on sera réunis.
    - J'en sais rien ! Vous croyez tous que je suis au courant de plein de choses, je n'en sais pas plus que vous ! Je suis juste un intermédiaire entre nos supérieur et notre brigade.
    - Eden, nous sommes des armes qui ont étés conçues pour combattre d'autres armes, pourquoi ne pas nous avoir envoyés sur le front plus tôt ? N'est-ce pas plus efficace d'éliminer directement la menace plutôt que de distribuer de la soupe pour aider à vivre avec ?
    - Je ne sais pas, je te l'ai dit.
    Eden n'est pas quelqu'un de méchant, même en colère, il reste courtois. Mais il n'est pas d'humeur à parler. Je le laisse s'en aller.
    - Hé Eden, si tu veux j’installe le matériel demain matin ! Ajoutai-je en souriant.
    Bon, j'ai un peu dit ça pour me moquer. Mais ça peut faire croire à un geste altruiste. Il accélère le pas. Et je me retrouve au même niveau qu'Aaron.
    - Je crois qu'il est un peu fatigué, me lance-t-il.
    - Hum, ça doit être ça. Heureusement il aura tout le temps de se relaxer et de réfléchir à sa vie lorsqu'un Solaire lui aura tiré dessus.
    - Ne te fais pas plus cynique que tu l'es.
    - Comment, tu me trouves cynique ?
    - Ah ah ah.
    - On nous a transformé en IA sans qu'on soit au courant de rien, on ne se souvient de rien avant notre opération, on ne sait rien de ces corps que nous habitons aujourd'hui, et maintenant on nous envoi à la guerre en bon soldat que nous sommes. J'ai de quoi être cynique.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 20 Avr 2017, 15:53

Chapitre 2 : Partie 4.
Aaron Montiaque


Image


    Du sable, il n’y a que du sable à des kilomètres à la ronde.
    Pas un arbre, pas un insecte, pas un seul être vivant, juste moi, et du sable…
    J’avance d’un pas vif, le silence m’entoure. C’est presque comme s’il m’aspirait dans ses entrailles pour que je ne brise pas la tranquillité dérangeante de ce désert inhabité.
    Je continue de marcher, en quête d’une trace de vie quelconque, quand je sens quelque chose s’agripper à ma cheville.
    Mon premier réflexe est de donner un coup de pied en arrière, mais le seul résultat que j’obtiens est de déraper violemment et de tomber tête la premiere sur le sol. Je tente de me relever mais le sable commence à engloutir mes jambes, puis mes bras, jusqu’à ce qu'il ne reste plus que mon visage hors de ce piège monstrueux.
    J’attends, puis je ne sens plus rien, je suis vide, sans émotions…
    Je m’apprête à fermer mes paupières, indifférent à mon sort quand un vague de froid m’assaille violemment. Une lumière explose devant mes yeux et j’entends des voix, ou plutôt une voix.
    Elle chuchote rapidement et je ne capte que des bribes de phrases.
    J’ouvre lentement les paupières, la chaleur revenant peu à peu dans mes membres. Mais ce qui finit de me réveiller est un bruit familier, celui qui me sort de mon sommeil tous les jours ; la porte qui se claque violemment derrière Eden.

    Je grogne et passe une main dans mes cheveux tout en me redressant sur mon lit. Je soupire longuement et me lève. Apres un tour rapide dans la salle de bain, je décide de rejoindre Eden.

    Ça fait bientôt trois mois que je fais ce rêve, à un détail près ;
    quand je sens le froid m’engourdir et que je ferme mes paupières, Eden arrive en courant, sortant de nul part et me sort des sables mouvants.
    Il prononce ensuite cette phrase, un sourire scotché au lèvres,
    “On est quitte désormais.”
    Et c’est là que mon rêve s’arrête, toujours suivi par le claquement de porte.

    A force d’y réfléchir, j’ai fini par trouver une hypothèse concernant la suite de ces deux événements.
    Eden se lève toujours avant moi ; en supposant que je parle pendant mon rêve ou que je sois somnambule, il est possible qu’il m’aide à me recoucher tous les jours avant de partir.
    Le seul truc qui cloche c’est la phrase, comment peut-il savoir que je lui ai sauvé la vie? Aurait-il gardé des souvenirs de cette journée mais sans jamais oser m’en parler?
    Mais, surtout, qu’à-t-il bien pu se passer ce matin pour qu’il ne m’aide pas?
    Serais-je mort à cet instant si la porte ne m’avais pas réveillé?

    Un bruit me sort de mes pensées et je tourne la tête pour me retrouver face à Alexana, en sous-vêtements… Je détourne les yeux, gêné, et accélère le pas.
    J’arrive finalement devant la salle des armes.
    J’ouvre la porte doucement et me dirige vers Eden. Je pose une main sur son épaule, m’apprêtant à lui demander s’il a bien dormi quand il me plaque violemment au sol en m’écrasant de tout son poids. Je lui cris d’arrêter et il me lâche finalement en soufflant des excuses. Il s’éloigne, un café en main. J’hésite à lui parler de mon rêve mais je me retiens, car un flash m’assaille violemment…

    “C'est une mission hein? Tu as des nouvelles des supérieurs?
    - Non, enfin si. Peut-être, mais c'est pas ça. Je veux pas en parler.”

    Ses yeux fixent tour à tour les mannequins, les coffrets d’armes, son café, nos pieds. Tout, sauf moi.

    “Éden, ne joue pas à ça avec moi.
    - Comment ça? Je ne vois pas de quoi tu veux parler, c'est ridicule.”

    Je lève les yeux au ciel et lance indifféremment :

    “Bien, dans ce cas je vais vous laisser monsieur grognon.
    - Ouais c'est ça.”

    Je sors de salle, le laissant seul. Je me dirige vers le réfectoire et m’assois avec le reste de la brigade 17. Le silence se fait quand Eden arrive une heure après. Je m’apprête à lui faire un signe quand il passe à côté de nous sans même nous regarder. Je laisse ma main retomber et me retourne.
    Il est désormais debout sur une table, stoïque, les bras croisés.

    “Ok tout le monde, j'ai une nouvelle des Supérieurs.
    Une nouvelle mission nous est donnée, mais cette fois, il ne s'agit pas de simple distribution de potage, d'exploration ou même d'attentat contre les bases ennemies. Cette fois, on nous envoie à la guerre. Je demande à tout le monde de rejoindre sa brigade dans le quartier qui lui est assigné.”

    Il sort ensuite de l’immense pièce, laissant son plateau rempli sur la table.
    Sous le choc, je ne réagis pas immédiatement. Puis, dans un sursaut, je me lève et pars en courant à sa suite.
    Quand j’arrive à sa hauteur, il chuchote en regardant droit devant lui :
    “Ça va être un carnage, pire que la première mission…”
    Je ferme les yeux en sentant Ava arriver, ne prêtant pas attention à la conversation qu’Eden a avec elle.
    Quand je les rouvrent, il est loin devant moi et Ava est toujours là.

    “Je crois qu'il est un peu fatigué, dis-je pour combler le silence.
    - Hum, ça doit être ça. Heureusement il aura tout le temps de se relaxer et de réfléchir à sa vie lorsqu'un Solaire lui aura tiré dessus.
    - Ne te fais pas plus cynique que tu l'es.
    - Comment, tu me trouves cynique ?
    - Ah ah ah.
    - On nous a transformé en IA sans qu'on soit au courant de rien, on ne se souvient de rien avant notre opération, on ne sait rien de ces corps que nous habitons aujourd'hui, et maintenant on nous envoi à la guerre en bon soldat que nous sommes. J'ai de quoi être cynique.”

    Et elle me quitte sur ses mots, s’engageant dans un couloir menant à la partie femme des dortoirs…



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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 23 Avr 2017, 15:01

Chapitre 2 : Partie 5.
Zoey


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    Je me réveille brusquement d'un sommeil peuplé de cauchemars. Je tremble de tout mon corps et des goûtes de sueurs perlent le long de mon dos. Ma tête me lance. Je prend une grande inspiration.

    Inspire.
    1,
    2,
    3.
    Expire.

    Je me calme petit à petit.
    La respiration régulière de mes voisins de chambre m' apaise.
    Par la fenêtre, je vois les collines desséchées qui ont connues noslongues heures d'entraînement. Plus loin, une forêt d'arbres morts.
    Dans le ciel, le soleil chasse peu à peu une nuit sans étoiles.

    J'entends des bruits de pas brusques et précipités dans le couloir, à deux reprises. Cela tire plusieurs de mes voisins de leur sommeil qui remuent alors en grommellant dans leur lits avant de se rendormir rapidement.
    Pas moi. Je reste couchée, observant les rainures brunes au plafond.

    Quelques minutes plus tard, la sonnerie du réveil retentie. Nous nous passons le visage sous l'eau froide, enfilons nos vêtements et nous dirigerons vers le réfectoire.
    Je m'assois à la table de ma brigade, en face d'Ivan. Après de longues minutes d'attente, Éden commence enfin son laïus habituel. Mais les rides inquiètes sur son visage et son regard déboussolé nous indique que son annonce ne sera pas habituelle.
    "Nous partons à la guerre".
    La phrase s'abat sur le réfectoire comme une bombe. Un murmure remplit de question se répand pour devenir un brouhaha. Je regarde Ivan. Ses lèvres sont crispés. Je sais que le même sentiment nous traverse. Un mélange acide de peur face à ce qui va suivre et de colère envers ceux qui nous le font subir.

    - On va y arriver, je murmure.

    Ivan hoche la tête mais fronce les sourcils. À l'évidence, il ne croit pas vraiment à ce que je dis. À vrai dire, j'essaie moi aussi de m'en persuader.

    - Je m'y attendais un peu, reprend Ivan.
    - Oui. On ne pouvait pas s'entrainer et se contenter de missions charitables jusqu'à la fin des temps.
    - Ouais.

    Le brouhaha dans le réfectoire ne s'est pas arrêté. On dirai même qu'il s'intensifie de plus en plus, s'insinuant dans toutes les parties de mon cerveau. Je revoit les gardes qui sont venus me chercher, grouillant comme un essaim d'abeille, le bruit les cris. Ma tête me lance atrocement. Un goût âcre se répand dans ma bouche et me donne la nausée.
    Je sent une main large et rassurante sur mon épaule. Celle d'Ivan.

    - Ca va ? me questionne t-il

    Je me mord les lèvres pour acquiescer mais la douleur me quitte peu à peu.
    La mort nous attend sûrement quelque part, proche, bien plus proche que nous ne le pensions.
    Mais au moins, je ne suis pas seule.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 07 Juin 2017, 11:18

Chapitre 2 : Partie 6.
Ivan Shynn


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    Je suis réveillé par un pas lourd, faisant grincer le parquet du couloir, suivi d'un léger grincement de porte et d'une série de pas beaucoup plus légers. Si j'ai reconnu le premier comme étant celui d'Éden, j'ignore à qui peut appartenir le second. Il ou elle est sûrement allé demander la raison de ce vacarme, surtout à cette heure matinale – il n'est que six heures, et le soleil vient à peine de se lever. Beaucoup trop tôt pour moi. Je me roule en boule et me rendors, avant que la sonnerie du réveil ne me tire définitivement du sommeil.
    Au petit-déjeuner, Éden arrive en retard, comme d'habitude, mais au lieu de s'asseoir avec nous, il va se mettre tout seul à une table à l'écart. Nous échangeons des regards intrigués. Il y a quelque chose d'anormal dans l'air, quelques chose qui explique sans doute son attitude de ce matin, mais je ne sais pas ce que c'est. Sûrement des mauvaises nouvelles, j'en ai peur. Ce ne peut être que ça. J’ai tout un tas de théories qui me viennent, mais je ne veux pas y penser pour le moment. Parce que je pressens que je vais avoir bientôt assez de temps pour imaginer le pire.
    A la fin du repas, il se met debout sur sa table et le silence se fait automatiquement. Il hésite un instant, parcourt le réfectoire du regard, comme à la recherche de quelque chose - ou plutôt de quelqu'un. Il doit l'avoir trouvé, car il se lance :

    « OK, les gars, j’ai des nouvelles des Supérieurs.
    Une nouvelle mission nous est donnée, mais cette fois, il ne s'agit pas de simple distribution de potage, d'exploration ou même d'attentat contre les bases ennemies. Cette fois, on nous envoie à la guerre. Je demande à tout le monde de rejoindre sa brigade dans le quartier qui lui est assigné. »

    Pas plus de précisions : il quitte la pièce sans répondre aux questions qui fusent. Ava et Aaron se lèvent précipitamment et se lancent à sa poursuite. Je les vois discuter dans le couloir, puis Ava part dans sa chambre. Il y a des moments où je ne comprend pas Éden. Il sait très bien l’émotion que va déclencher une telle annonce, mais il n’explique rien, et nous laisse comme ça. Je sais que ce n’est pas sa faute, mais c’est plus facile de lui en vouloir à lui qu’à ces gens qui nous ont créé et dont on ne sait rien.
    Je pince les lèvres pour les empêcher de trembler. De peur ou de colère, je ne sais pas trop. Zoey doit ressentir la même chose que moi, car elle murmure :

    - On va y arriver.

    Je hoche la tête par automatisme, mais en fait, je suis loin d'être aussi catégorique.

    - Je m'y attendais un peu, j'avoue à voix basse.
    - Oui, on ne pouvait pas s'entraîner comme on le fait jusqu'à la fin des temps.
    - Ouais.

    Difficile de s'entendre dans ce vacarme. Tout le monde parle en même temps, et il n'est pas difficile de deviner ce que pensent les autres. L'incompréhension, la peur du lendemain, toutes ces émotions mélangées qui me font craindre le pire.
    Je remarque tout de suite que Zoey commence à paniquer. Je me glisse derrière elle et pose ma main sur son épaule.

    - Ça va ?

    Elle se mord les lèvres en hochant la tête, et finit par retrouver un air plus rassuré. Je la préfère comme ça. Même si je suis moi aussi complètement terrifié, luttant contre l’envie d’aller me terrer dans un coin et de ne plus bouger jusqu’à ce que ce soit fini. Quand serait-ce fini, voilà la question. Et je n’ai aucune réponse. Je déteste cette impression de ne rien pouvoir faire, d’être entièrement soumis aux décisions des autres.

    Je ne veux plus jamais me réveiller dans une pièce inconnue en me demandant qui je suis et ce que je fais là.

    Les gens se lèvent, laissant les plateaux sur les tables – ce sont les mêmes personnes anonymes qui nous préparent à manger qui débarrassent. Je crois que je préférerais être encore dans mon lit, ce matin, qu’ici, à se demander si c’est la dernière fois que je vois cette pièce.
    Il y a une seule chose dont je sûr en ce moment, mais elle me suffit. C’est de savoir que Zoey ne m’abandonnera jamais. Moi non plus, je ne t’abandonnerais pas, je lui promets en quittant le réfectoire vers l’inconnu.





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Re: Post Apocalyptique

Message par Chat Orange le 12 Juin 2017, 10:46

Je suis !
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Re: Post Apocalyptique

Message par Chococrac le 09 Juil 2017, 15:41

Pour ceux qui nous suivent toujours, le chapitre trois arrive bientôt et avec beaucoup d'action!
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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 12 Sep 2017, 18:41

Chapitre 3 : Partie 1.
Éden


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    La nouvelle est tombée.
    Je n'ai pas fait dans la dentelle.
    J'ai quitté la salle en trombe et je me suis enfermé dans le bloc des nouveaux arrivants. La salle entièrement blanche, les néons aveuglants. Et cet autel de malheur. Parfois je ne peux m'empêcher d'avoir des doutes sur nos supérieurs. Des Hommes près à faire endurer toute les souffrances du monde à des gamins de quinze ans pour faire d'eux des IA ne doivent pas être des enfants de cœur. Et maintenant ils nous envoient à la guerre. Nous allons côtoyer la mort pendant des mois, des années. Jusqu'à ce qu'il ne reste aucune IA solaire. Et après ? Comment prévoir ce qu'il adviendra de nous autres les IA lunaires ? Seraient-ils capable de se débarrasser de nous par crainte d'une défaillance semblable à celle des IA solaires ? Après tout nous ne différons pas énormément d'elles. Nos compositions cellulaires s'avèrent être identiques à 80%. Mais ils ont besoin de nous. Une fois la guerre terminée ils nous assignerons à des tâches subalternes pour de riches partisans, ou dans des foires aux monstres pour divertir la population. Ou alors d'autres pays voudront nous racheter et nous repartirons en guerre. Contre des humains peut-être cette fois-ci.
    Mais quoi qu'il advienne, on ne nous demandera jamais notre avis. Nous sommes les esclaves de plusieurs nations. Jusqu'à présent cela ne me dérangeait pas plus que cela. Mais désormais nos vies sont en jeu. Les vies de mon peuple. Mes amis, ma famille. Mais nous ne pouvons qu'obéir. Nous avons signés un contrat, bien que je ne me souvienne de rien, tout les autres se souviennent d'avoir été volontaire à ma connaissance. Nous devons obéir.

    Je m'assois en tailleur sur l'autel et cherche des yeux un bout de papier quelconque avec des instructions supplémentaire. Je le repère rapidement mais reste encore quelques minutes immobile, sans oser me lever et déplier ce qui sera sûrement la fin d'une époque.

    Des petits coups frappés contre la porte me font enfin réagir. Je me lève, attrape le papier et me dirige vers la porte sans l'ouvrir.
    Je pose mon front contre la porte, froisse le papier entre mes doigts et demande en fermant les yeux, d'une voix lasse :

    - Qui est-ce ?

    L'envie me brûle d'ajouter un « encore » exaspéré à la fin de ma phrase mais je me retiens en me mordant la lèvre inférieure. Ce n'est pas leurs fautes, je dois arrêter de leur en tenir rigueur à défaut de trouver d'autres responsables. Ce n'est la faute de personne. L'erreur est humaine. Elle l'est un peu trop parfois.
    La voix derrière la porte me répond :

    - C'est Ava. Ouvre.

    Je soupire et ouvre en soupirant. Elle s'engouffre dans la pièce en silence et referme derrière elle. Son regard ce pose directement sur le papier froissé dans ma main. Elle esquisse un geste du menton pour le désigner et fronce les sourcils :

    - Ca dit quoi ?
    - Je ne l'ai pas encore lu.
    - Et bah qu'est-ce que tu attend ? Je sais pas si tu es au courant mais tu viens de larguer une bombe. Les gosses chialent depuis trois quart d'heure en attendant que tu accoures en sauveur.

    Je la dévisage sans répondre et déplie le papier.

    - Alors ?
    - Nous avons une semaine pour nous préparer. On nous envoie dans une usine désaffectée. Un QJ secondaire des IA apparemment.
    - Quel est l'objectif de la mission ?
    - Les tuer jusqu'au dernier, découvrir des infos secrètes, des plans stratégiques, trouver les emplacements des autres bases et la date et le lieu de leur prochaine attaque terroriste. Il y aura peut-être des otages. Les risques sont minimes d'après les supérieurs.
    - Mais bien sûr..
    - Ils ont désignés cinq brigades.
    - Dont la notre je suppose.
    - Évidemment...
    - Bien. Allons leur annoncer la nouvelle.

    Ava et moi nous rendons en silence dans l'amphithéâtre ou Alexana a déjà pris l'initiative de rassembler tout le monde. Je monte sur l'estrade suivi de toute ma brigade. Nous faisons front commun. Les autres ont confiance en nous, nous leur inspirons l'espoir et le courage.
    Je commence par m'excuser de mon comportement puérile et ridicule et leur explique la situation le plus calmement possible. La plupart du rassemblement devant moi est constitué d'enfants de moins de douze ans. Je lis la terreur dans leurs yeux, mais mon discours et la détermination de mes camarades de la brigade 17, semble les apaiser.
    Puis je laisse Aaron appeler les quatre autres brigades désignées : La huitième, la quatorzième, la seizième et la dix-neuvième. Ivan et Zoey leur remettent une copie de l'étude de mission pendant que les brigades restantes poussent des soupirs de soulagements.
    Kellin s'avance et réclame le silence avant de s'adresser à l'assemblé, le regard acerbe et le ton ferme :

    - Ce n'est qu'un sursis de courte durée pour les autres brigades. Ne vous méprenez pas. Vous serez très bientôt appelés pour d'autres missions du même genre, peut-être même beaucoup plus périlleuse encore.

    Dans le fond de la salle une petite fille éclate en sanglots. Alexana décide de prendre la relève :

    - Vous ne devez absolument pas vous relâcher. En notre absence vous devez continuer de fonctionner comme à vos habitudes.
    - Les supérieurs s'assureront du bon fonctionnement de notre base et des activités comme toujours. Alors il n'y a aucune raison de s'alanguir. Est-ce bien clair ? Demande Joyce.

    L'assemblé hoche la tête d'un bloc et je m'avance vers mes camarades.

    - Nous avons une semaine devant nous pour préparer une stratégie. C'est peu, je vous l'accorde, mais nous en sommes capables. La guerre peut enfin commencer.



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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 12 Sep 2017, 18:51

Chapitre 3 : Partie 2.
Alexana Idrasva


Image


    Qu'est-ce que ces imbéciles de Supérieurs ont encore fait ? Envoyer des gosses à la guerre ? Je m'apprête à interpeller Eden quand je vois qu'il est en train de quitter la salle à grand pas. Je ne vais pas le suivre, je ne suis pas un chien, et j'ai d'autre choses à faire. Comme calmer tous les gamins en train de chialer. Je déteste rassurer les gens en leur assurant que tout va bien se passer. D'autant plus que je ne sais pas mentir. Cette mission sera un massacre, c'est clair comme de l'eau de roche. Je m’éclaircis la gorge.
    Aucune réaction.
    J'ai l'impression que je vais m'énerver. J'inspire profondément et hurle :

    "SILENCE !"

    Tiens, ça marche.

    "Okay, dis-je, je sais bien que vous avez peur, et vous avez raison, c'est une mission suicide. On est que des gamins, c'est du n'importe quoi de nous envoyer à la guerre. Après, je ne critique pas les Supérieurs. Enfin si, mais ce n'est pas le sujet. Si on veut avoir une infime chance de ne pas se faire massacrer, il va falloir s’entraîner durement. Alors je veux tous vous voir dans la salle d'entrainement. Maintenant !"

    L'effet est immédiat. Tous le monde s'active ne grommelant pour se rendre dans l'arène. Joyce s'approche de moi et me pose la main sur l'épaule. Je sursaute. Mon amie a la manie d'arriver sans prévenir.

    "Qu'est-ce que tu veux ?

    Habituée à mes sautes d'humeur, Joyce ne réagit pas à mon ton brusque.

    "Tu es sûre que tu n'as pas été un peu dure avec les autres ? me demande-t-elle. On est tous effrayés, le fait de se faire crier dessus n'est pas forcément agréable, tu ne crois pas ?

    -Je ne suis pas effrayée. Je ne suis pas un mioche !

    -Ne le nie pas, je suis sûre que tu as peur. Et c'est normal. Comme tu l'as si bien dit, on va sûrement mourir.

    -Alors autant ne pas perdre de temps à parler."

    Je me dégage de la pression que sa main exerce sur mon épaule et me dirige vers l'arène. Joyce a raison. J'ai peur. Je suis même terrifiée. Je sens un larme rouler sur ma joue. Je l'essuie rageusement et accélère le pas. Je donne un coup de pied dans la porte de la salle d'entrainement et le bruit résonne dans toute la pièce. Tout le monde me regarde en retenant son souffle. Je cherche le regard d'Eden. Il saurait me donner du courage dans ce moment. Mais évidemment il n'est jamais là quand j'ai besoin de lui ! Je soupire et m'avance de façon à ce que tout le monde me voit.

    "J'espère que j'ai toute votre attention, car je n'ai pas envie de répéter la moindre phrase alors vous avez intérêt à m'écouter, dis-je. La guerre ce n'est pas un jeu. C'est sérieux ! Et personne ne nous y a préparé. Je..."

    Je sens soudain les mots se bloquer dans ma gorge. J'ai une soudaine envie de pleurer en me roulant en boule. Je remarque alors qu'Eden arrive accompagné d'Ava. Tous les membres de la Brigade 17 nous rejoigne, y compris Joyce que je n'avais pas vu arriver. Eden commence alors à expliquer en quoi consistera la mission. Cinq brigade seront chargées de traquer et tuer les IA solaires jusqu'au dernier. La huitième, la quatorzième, la seizième, la dix-neuvième... et la dix-septième. Forcément. Kellin prend alors la paroles déprimant les brigades restantes ancore plus que je n'avais su le faire quelques minutes plus tôt.
    Ce type à un don pour ça. Je l'aime bien. Mais je sais qu'Eden compte sur moi alors je m'avance à mon tour.

    "Vous ne devez absolument pas vous relâcher. En notre absence vous devez continuer de fonctionner comme à vos habitudes.

    - Les supérieurs s'assureront du bon fonctionnement de notre base et des activités comme toujours. Alors il n'y a aucune raison de s'alanguir. Est-ce bien clair ? Demande Joyce qui s'est à son tour avancée."

    ***


    Quelques heures après, une camionnette blindée nous attend. Un type en blanc nous fait monter à l’intérieur. Son costume est trop propre. Je déteste ce genre de tenue, elles me donnent envie de les salir. Je le voie observer les courbes d'Ava, de Joyce et de Zoey. Il ne s'attarde pas sur Alice qu'il doit juger trop jeune ni sur moi. Je dois le mettre mal à l'aise à le fixer comme ça. Et bien tant mieux. Ce type ne m'inspira pas. Le trajet se passe en silence, chacun ruminant ses pensées. Le temps semble s'écouler au ralentit. Les minutes deviennent des heures et c'est à la fin de ce qu'il me semble être une éternité que le chauffeur nous dépose près d'une gare où nous attend un train à pilote automatique. Nous montons en file indienne. Une fois installée, je jette un coup d’œil à l’extérieur et je jubile en réalisant que le type en blanc est resté sur le quai. Le regard qu'il posait sur mes amies me dérangeait plus que tout. Je m'étire et allonge mes jambes sur la banquette. Nous commençant à discuter de ce qui allait suivre. Pour être honnête, même si je suis effrayée, j'ai hâte d'avoir à monter un plan pour les batailles. Les jumeaux me rejoignent, me forçant à m'asseoir en tailleur, et m'exposent plusieurs de leur idées. Je souris. Ils ont de plutôt bonnes idées. De je ne sais où, Ivan sort une feuille et un crayon et schématise un champ de bataille à grand renfort de flèches et d'inscription. Je n'avais jamais vraiment prêté attention au jumeaux, et je suis vraiment étonnée. Sous leur carapace de timidité, les deux jeunes gens recèlent d'intelligence.
    Rapidement, le train s'arrête. Je relève la tête et observe mes camarades. Kellin est toujours plongé das sa lecture tandis que Joyce et Alice achèvent de se réveiller. Quant à Eden et Ava, ils sont tout les deux assis face à face et semble en grande discussion. Aaron, lui, est déjà sur le quai.Les uns après les autres nous descendons du train. Et c'est là que nous les voyons. Tout un escadrons d'hommes au costume trop propre. Je regarde leurs uniformes rutilants et les compare à nos simple tenues de combats. Je soupire. C'est quand même nous qui allons sauver le monde, pas ces gens ! L'un d'entre eux s'avance et se présente comme le lieutenant Greenforth. Il nous annonce ensuite que sa mission est de nous conduire au QG et de nous entraîner. Eden s'avance et prend la parole :

    "Excusez-moi, je suis Eden, le chef de la brigade 17. On ne nous a jamais dit que quelqu'un nous entraînerais !

    -Changement de plan, gamin ! annonce Greenforth. Vous allez désormais être sous surveillance constante. Il est hors de question que nous fassions la même erreur qu'avec les IA solaires et qu'on vous laisse seuls avec des armes !"

    Je bouillonne intérieurement. Comment ça sous surveillance constante ? C'est hors de question. Je soupire puis file rejoindre Eden en tête du convoi. Il tourne la tête à mon arrivée et tente un sourire. Il abandonne rapidement et détourne le regard. Nous marchons un moment en silence, puis je prends la parole :

    "Tu as parlé d'une usine désaffectée. Ces types n'ont pas vraiment l'air de vivre dans une usine désaffectée !

    -Je ne sais pas Alexana. Peut-être qu'à l’intérieur c'est propre ?"

    Je vois à son ton qu'il n'est pas convaincu. Je ne le suis pas non plus. J'enfonce mes main dans mes poches et me tais.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 12 Sep 2017, 18:58

Chapitre 3 : Partie 3.
Aaron Montiaque


Image


    Nous sommes dans une camionnette en direction de la base. Il règne un silence pesant dans le véhicule. J’observe les visages des personnes qui m’entourent pour passer le temps. Eden est perdu dans ses pensées, il a l’air préoccupé mais après tout, qui ne le serait pas.
    Je scanne rapidement le visage de l’homme qui nous accompagne, un sourire traîne sur ses lèvres mais je le sens inquiet. Mon regard tombe finalement sur Ava. Elle fixe l’homme avec une telle intensité que ça ne m’aurait pas étonné si deux trous s’étaient formés au milieu de son front.
    La route est en mauvais état si bien que nous nous faisons secouer légèrement. Une idée germe dans mon esprit, et profitant d’une secousse plus forte je me laisse tomber en avant et pose mes mains sur les jambes de l’homme pour me rattraper. Je me retire précipitamment mais le contact était suffisant pour provoquer une vision.

    Je suis dans une salle vide, sombre et inquiétante. Deux hommes sont cachés dans un coin et chuchotent rapidement. Je me rapproche pour entendre ce qu’ils disent :

    “- Tu as une semaine pour les évaluer et décider.

    - Est-ce vraiment nécessaire? Ils sont déjà peu…

    - Tu contestes mes ordres, vraiment! Tu veux crever toi aussi?

    - Non monsieur, notre budget n’est pas assez conséquent pour s’occuper de tous les IA alors je ferai en sorte que les deux plus faibles meurent. Comme vous me l’avez demandé…

    - Parfait, je suis ravi de voir que nous sommes sur la même longueur d’onde."

    L’homme qui a parlé en dernier s’écarte mais il ne m’intéresse pas, je m’avance rapidement vers le deuxième et ce que voit confirme mes craintes. C’est l’homme de la camionnette...

    Mes camarades réapparaissent peu à peu autour de moi. J’examine à nouveau leurs visages, essayant de deviner qui ils essayeront d’éliminer. Oui, j’ai bien dit essayeront car s’ils croient que nous les laisserons faire, ils se fourrent le doigt dans l’oeil et pas qu’un peu.

    Plusieurs heures et un trajet en train plus tard j’ai pris ma décision. Je vais parler à Eden de ce que j’ai vu. Mais pour cela faudrait-il encore que nous soyons dans la base. Il n’est pas question que les hommes qui nous accompagnent entendent ce que j’ai à lui dire.
    Nous avançons lentement mais arrivons finalement à la base après une vingtaine de minutes. Elle n’a rien d’une usine désaffectée et ressemble plutôt à une forteresse de métal. Je me tourne vers mes camarades et tous sont aussi choqués que moi. Je soupire et m’avance vers l’entrée.
    Les gardes sont déjà à l’intérieur alors je suppose que nous allons devoir nous débrouiller.

    “- Veuillez poser votre index gauche sur le scanner à votre droite.”

    Je sursaute au son de la voix robotique et m’exécute.

    “- Aaron Montiaque brigade 17, bienvenue dans le complexe 139.
    Bon entrainement!”

    Toute la brigade défile ainsi avant que la porte ne se referme derrière Eden.
    Presque au même instant l’homme de la camionnette surgit dans le couloir en criant :
    “Allez les enfants, première séance d’entrainement dans 5 minutes! Je vous conduis à vos chambres, vous vous changez et c’est repartit!”
    D’autres personnes arrivent derrière lui, et je comprends tout de suite qu’ils vont nous séparer. Je jette un regard paniqué du côté d’Eden avant de me faire embarquer dans un couloir…



Chococrac
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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 12 Sep 2017, 19:02

Chapitre 3 : Partie 4.
Zoey


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    Cela fait 2 jours que nous sommes arrivés au dernier camp d'entrainement, la base. Dernier avant la guerre, évidemment. Ce mot qui terrorise les foules et qui les excite à la fois. Ces 6 lettres qui peuvent dévaster tellement de vie.
    Depuis deux jours, ils nous ont fait passer des dizaines et des dizaines de tests. À la fois physique –inutile de vous préciser que je ne les ai pas vraiment impressionnés et mental –ils m’ont posés des tas de questions, m’ont fait répondre à des QCM débile.
    Mais ils ont aussi décidé de tester nos pouvoirs. J’ai dû tuer des centaines de rats. Ils se tortillaient dans ma main jusqu’à ce que leurs petits cœurs lâche et qu’ils deviennent tout raides et tout froid.
    Et puis ils m’ont présentés un être humain. Un vrai, un nez, une bouche, et deux grand yeux marrons comme des noisettes tombés d’un arbre. Il était mal rasé et sentait fort.
    Un déserteur ?
    J’ai secoué la tête. Je ne ferais pas de mal à un humain. Mais ils m’ont menacés. Ils ont menacés de faire du mal aux gens de ma brigade. Alors, je l’ai fait. Je ne suis pas allé jusqu’à le tuer, mais ces supplications et ces grosses larmes grises me hantent la nuit comme le jour.

    Je n’ai pas parlé à Ivan. Bien sûr, nous nous voyons pendants les séances d’entrainements. Des heures et des heures à dégommer des cibles en carton. À nous expliquer le fonctionnement des armes. À se faire poursuivre par des simulations enragés. Mais lors de ces simulations, inutile de vous préciser que des surveillants nous serre la bride comme si nous étions des échappés de guerre.
    L’absence d’Ivan me pèse. Je me sens comme si j’avais perdu une jambe ou un bras. Pas entière.
    Et puis la présence presque paternelle d’Eden me manque aussi.
    Je suis actuellement dans la pièce qui me sert de chambre. 4 murs blancs, un lit. Propre mais terriblement impersonnel. J’en viendrais presque à regretter mon ancienne chambre.
    Cela peux paraître étrange mais depuis deux jours, j’ai continuellement froid. Comme si mon sang était gelé, dans mes veines. Et cela même quand je cour de toute mes forces, poursuivie par une hypothétique IA solaire à l’entrainement. Je me sens comme les rats que je tue, privée de la chaleur de la vie.
    Je suis donc assise sur le lit, à grelotter quand j’entends trois petits coups au dessus de moi. Pile au niveau de la grille d’aération. Je me lève sur mon lit et aperçois le visage d’Ivan, strié par les barreaux de la grille. Je me dépêche de la retirer.

    - Qu’est ce que tu fiche là ?! Je lui demande.

    - Tu sais que je viens de me taper trente minute à ramper dans les conduits d’aération pour venir te voir ?! Tu pourrais me dire bonjour.

    Il fait semblant d’être fâché mais il sourit. Je ne peux m’empêcher de faire de même. Ça fait du bien d’entendre le son de sa voix.

    - Ok, ok, je cède, tu vas bien ?

    - Le mieux du monde. Mais je n’ai pas vraiment le temps pour cela. J’ai encore des tests dans quelques minutes et si ils savent que je suis là…

    - Mais pourquoi tu prends tous ces risques ?!!

    - Ok, Zoey, écoute moi bien. J’ai pu parler avec Eden et Aaron. Celui ci a lu dans les pensées d’un garde. Ils ne peuvent pas s’occuper de nous tous. Ils veulent tuer deux personnes de la brigade 17.

    - QUOI ???
    - Chut, cris pas, ils vont nous entendre.

    - Tu me balances cela et après tu me dis que je ne dois pas crier !

    - Je sais, je sais. Zoey…

    - Quoi ?

    Je sens déjà les larmes me couler le long des joues. Et je me sens faible, si faible.

    - Je sais que tu es forte. Ton pouvoir est fort, bien sûr. Mais, la personne qui se cache derrière l’est encore plus.

    - Ivan…

    - T’inquiète pas, ils ne m’auront pas. Et toi non plus Zoey. On a fait un plan, avec Eden et Aaron. On va tout faire pour s’en sortir, tout les onze. Mais promet moi une chose…

    Je hoche la tête, les joues humides. Bon dieu, mais qu’est ce qu’il est arrivé à la Zoey dure comme un roc ?

    - Tu vas te battre, d’accord ? Et ne crois jamais que tu en es incapable.

    - Je… Je… Merci.

    Il me sourit et se faufile maladroitement en marche arrière dans les conduits.
    Je replace la grille et me laisse aller sur mon lit. J’ai froid, tellement froid.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Tea time le 12 Sep 2017, 19:09

Chapitre 3 : Partie 5.
Joyce Shooser


Image



    Je tremble. Cette simulation a été dure. Plus que les autres. Beaucoup plus. Je m'accroupis en posant les mains sur mes genoux. Je suis couverte de sueur et je respire fort. Je sursaute lorsqu'une main se pose sur mon épaule. Je relève la tête. Eden et là. Sa présence me détends.

    -Tout va bien Joyce ? me demande-t-il.

    Je secoue frénétiquement la tête. Non je ne vais pas bien. Je suis épuisée. Sur le point de craquer. Eden s'en aperçoit.

    -Va te reposer. Tu en as besoin.

    J’acquiesce et me lève. Tout tourne autour de moi. J'avance en titubant. En arrivant devant la salle de bain des filles, de la vapeur et des effluves de parfums arrive jusqu'à moi. Je soupire. Malgré la fatigue, une douche me ferait le plus grand bien. J'entre d'un pas hésitant et tombe nez à nez avec Alexana. Celle-ci hausse un sourcil interrogateur en voyant l'état dans lequel je suis.

    -Ce sont les simulations qui te mettent dans cette état ? demande-t-elle.

    -C'est affreux, je réponds, ils repoussent nos limites, toujours plus loin, beaucoup trop loin.

    -Ne t'en fais pas, je suis sûre qu'ils ont compris et qu'ils n'iront pas plus loin. En attendant, la salle de bain est libre, profites-en, dit-elle en sortant.

    Me voilà seule. J'entre dans une cabine au hasard et laisse couler l'eau chaude sur mon corps. Tous mes muscles se détendent. Je laisse mes larmes couler et avec elles coule mon désespoir.

    •••


    Nous avons été réveillés tôt. Beaucoup plus qu'à la Base. Je m'étais levée en baillant et en grommelant. Les Instructeurs nous attendaient dans le réfectoire afin de nous expliquer en quoi consisteraient les entraînements. J'étais aller m'asseoir entre Alice et Aaron. Je m'étais saisi d'un verre de lait et du tranche de pain. Que j'avais mâchonné distraitement. Lorsque tout le monde avait terminé de manger, un des entraîneurs, un homme d'une quarantaine d'année au tempe grisonnante et au visage botoxé s'était raclé la gorge afin d'attirer notre attention. Nous avions tous tourner notre regard dans sa direction.

    -Bien, dit-il, comme vous le savez, c'est aujourd'hui que débutent vos entraînements. Si je suis ici, c'est pour vous expliquer en quoi ils consisteront. Vous allez avoir affaire à des simulations. Ces simulations ont été développées différemment pour chacun d'entre vous afin que nous puissions savoir quelles sont les limites de votre pouvoir. Vous allez chacun vous rendre dans une des salles d'entraînements où vous attendrons deux entraîneurs. Ils vous injecterons un sérum qui vous fera ''entrer'' dans la simulation. Vous évoluerez dans l'espace de la salle d'entraînements mais en voyant uniquement ce que vous fera voir la simulation. Mes collègues suivront votre progression à l'aide d'un ordinateur. Je ne vous en dit pas plus.

    Il nous avait alors donné à chacun un plan du QG ainsi que le numéro de la salle qui nous était attribué pour les simulations. J'avais hérité de la n°9. Le ventre noué, je m'y étais rendu. Un homme et une femme m'y attendaient. L'homme ne devait pas avoir beaucoup plus de trente ans. Il était blond, ses yeux était gris d'acier et ses pommettes saillantes. La femme devait avoir environ cinquante ans. Ses cheveux étaient très courts et noir d'encre, tout comme ses yeux froids. J'avais alors aperçu la seringue que tenait l'homme. Sans dire u mot, il s'était approché de moi et me l'avait enfoncé dans le bras. Le liquide argenté coula dans mes veines. Autour de moi tout s'effaça pour être remplacé par un nouveau décor.
    J'étais dans un marais, seule. Je regardais autour de moi quand un reflet près d'un arbre attira mon attention. Je plissai les yeux afin de mieux voir, mais le reflet disparut. M'approchant alors de l'endroit, un homme me sauta dessus. Je ne réagis pas immédiatement. L'homme était irrémédiablement beau. Je fut tentée de croire qu'il allait m'aider à sortir de cet endroit. Mais ce n'était pas le cas. Ce furent ses yeux vides d'expressions qui me mirent la puce à l'oreille. Un IA Solaire. Je devais l’éliminer. J'utilisais alors ma capacité à maîtriser l'eau pour m'en débarrasser. Lorsque ce fut fait, le décor redevint celui de la salle d'entraînement. J'étais couverte de sueur. L'homme s'approcha avec une nouvelle seringue.

    -Recommencez ! ordonna l'homme avant de m'injecter une nouvelle dose de sérum.

    •••


    J'avais arrêter de compter toutes les simulations qu'ils m'avait fait faire en une journée. Dix ? Vingt ? Trente ? Beaucoup trop en tout cas. J'étais épuisée. Dès que l'heure du repas était arrivée, je m'étais précipitée hors de la salle d'entraînement pour me rendre au réfectoire. J'avais mangé comme quatre. Nous avions tous l'air exténué. Aucun mot ne fut échangé durant le repas. Lorsqu'il fut vingt-et-une heures, nous étions tous retournés dans nos chambres. Je m'étais jetée sur mon lit et m'étais endormie en songeant que les jours suivants seraient peut-être pire. Je n'aurais pas pu avoir plus raison.

    •••


    Je coupe l'eau. J'ai l'impression de ne plus contenir une seule goutte d'eau tant j'ai pleuré. Je me sèche et me rhabille rapidement avant de me rendre dans ma chambre. J'enfile alors un short et un vieux t-shirt qui me servent de pyjama. Je m'allonge sur mon lit et à peine ai-je fermé les paupières que je m'endors. Je passai alors la plus mauvaise nuit de toute mon existence, enchaînant cauchemar sur cauchemar. Dans mes rêves s'enchaînaient les IA's solaires.
    L'alarme de mon réveil m'extirpe difficilement du sommeil et je me rends au réfectoire en traînant des pieds. Je me laisse tomber à côté d'Alexana et croise le bras.

    -Tu n'as pas faim ? me demande-t-elle

    Je secoue la tête. J'ai l'impression que je vais vomir si j'avale quoi que ce soit. Un entraîneur entre alors et se place à côté de moi.

    -Joyce Shooser ? demande-t-il. Venez avec moi.

    Je me lève et le suis. Il m'entraîne au dernier étage. Cette étage nous est habituellement interdit à nous autres IA's lunaires. Il pousse la porte d'une pièce et d'un geste de la main m'invite à entrer. Une fois que je suis à l’intérieur, il referme la porte sans être entré. Je regarde autour de moi et aperçoit deux personnes en blouses vertes ainsi qu'une table et un chariot sur lequel est posé toutes sortes d'objets. Ils ont des allures d'infirmiers. L'un s'avance vers moi et me prends par la main. Étonnée, je me laisse faire. Il m'indique de m'allonger sur la table ce que je fais malgré mon cœur qui bat à cent à l'heure. Lorsque je suis installée, la personne m'attache avec des sangles en cuir. Je sens la peur me titiller. La seconde personne avance alors le chariot vers moi et prends une seringue. Le liquide à l’intérieur est noir d'encre.

    -Ne t'en fais pas, ça ira vite.

    Il m'injecte alors le produit dans les veines. Tout mon corps s'embrase. Je tente de hurler mais aucun son ne sort de ma bouche. Je sombre alors dans l'inconscience.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Fille Du Printemps le 13 Sep 2017, 13:49

Super !
Fille Du Printemps
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Re: Post Apocalyptique

Message par Fille Du Printemps le 28 Oct 2017, 23:50

Chapitre 3 Partie 6
Ava


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    Tout avait été très rapide ensuite. Une camionnette blindée nous attendait à l'entrée de la base. Un représentant nous avait simplement dit de monter, qu'on aurait tout ce dont on aurait besoin, que nous n'avions besoin de ne rien amener. De toute façons nous n'avions rien ici. Rien qui n'ait de valeur. Toutefois, Éden est reparti chercher quelque chose. Il prétextait qu'il s'agissait de dossiers pour établir une stratégie mais ce que je lisais en lui était tout autre. J'ignore exactement de quoi il s'agissait mais cela semblait avoir une certaine valeur sentimentale. Il était un peu perdu en ce moment.
    Alors nous sommes montés dans la camionnette. Nous étions face à face sur des banquettes d'acier. Et nous ne disions rien. Personne n'avait envie de parler. Surtout avec le représentant juste à côté. Tous mes camarades s'étaient repliés sur leurs pensées. J'y lisais de la peur mais surtout beaucoup beaucoup de confusion. A vrai dire, aujourd'hui, la brigade 17 n'est pas au centre de mes préoccupations. J'ai enfin un nouveau cobaye, bien plus intéressant. Je vais enfin pouvoir réellement expérimenter mon don d'IA. L'homme qui nous accompagne est bien habillés, tout en blancs, les boutons fermés jusqu'au col, les les cheveux tirés vers l'arrière, la trentaine et le regard sombre. Il n'hésite pas à nous jauger, laissant glisser ses yeux sur nos corps. Je m'introduis tout doucement dans ses pensées. J'ai encore peur que la personne s'en rende compte, tout cela reste assez neuf pour moi et j'ignore encore pas mal de facettes de mon pouvoir. L'homme a l'air d'être au courant d'un bon nombre de choses.
    Pour lui, nous ne sommes qu'une énième brigade qu'on envoie à la mort. Il rit intérieurement en voyant les jumeaux, si jeunes. Mais il nous trouve plus en forme et plus musclés que les autres. Je n'ose pas trop fouiller trop profondément dans ses pensées, de peur qu'il ne se doute de quelque chose. Pourtant j'aimerai savoir s'il connaît les Supérieurs, s'il sait comment on nous a choisis, pourquoi on nous a arraché nous à nos familles et pas d'autres, s'il a des informations sur les IA solaires, s'il y en a beaucoup, comment ils agissent. Non, je préfère ne pas m'y aventurer pour le moment, c'est trop risqué. Il n'y a pas une once de pitié dans son esprit. Je tente donc une technique plus classique.
    - Où allons-nous ?
    - A un autre QG, une usine désaffectée, répond-il, froidement.
    Éden me lance un regard qui signifie : « Tu le savais déjà, tu te fatigues pour rien. » Je fais mine de sourire de manière compréhensive. Cependant mon intervention a arraché mes camarades à leurs pensées.
    - Vous auriez au moins pu nous laisser dire au revoir à nos amis, ajoute Alexana sèchement.
    Je ne peux cacher un sourire en coin à sa réaction. Aaron enchaîne :
    - Elle a raison. On n'a même pas pu prendre d'armes.
    - Vous aurez tout ce dont vous avez besoin là-bas.
    - Et si nous nous faisons attaquer sur le chemin ? Ajoute-il.
    Le représentant rit et j'ai envie de rire avec lui. Nous n'avons pas pu prendre nos armes parce qu'ils avaient trop peur qu'on se retourne contre lui et la garde. Malgré leur opération de lavage de cerveau, nous restons dangereux.
    - Nous ne nous ferons pas attaquer en chemin, finit-il par dire.
    Nous continuons le voyage en train. Nous sommes à présent seul, le train est automatique. Contrairement à la camionnette, le wagon est luxueux. Et, à défaut d'avoir des armes, nous avons de la nourriture. Nous nous sommes tous allongés sur les banquettes et nous pouvons enfin discuter. Le sujet principal étant « Notre avenir incertain. » Alexana semble impatiente d'avoir assez d'informations pour élaborer la stratégie de la mission. Les jumeaux l'aide à imaginer les moyens à disposition et la manière d'agir des Solaires. Je me lève pour aller aux toilettes.
    Je longe le couloir. Le train semble vide, réservé expressément à notre brigade. Je croise Éden qui revient en sens inverse. Je ne m'étais même pas aperçue de sa disparition. Il se fait assez discret depuis quelque jours. Tout à coup, le train engage un virage serré qui nous déséquilibre. Éden s'écrase contre le mur. Dans sa chute, il me saisit le bras fermement. Et alors, je le vois écarquiller ses yeux verts et se figer quelques minutes. En ce même temps, des images de mon ancienne vie à la campagne refont surface, puis celles du moment où ils m'ont enlevée à ma famille. Lorsqu'il revient à lui-même, il me lâche le bras et s'appuie sur le mur d'en face, un peu sonné. Il garde un moment les yeux au sol puis les lève vers moi.
    - Tu n'as pas perdu la mémoire, murmure-t-il.
    Son affirmation a des airs de question.
    - Ils... Enfin, je crois qu'ils m'ont mal implanté la puce. Ils semblaient pressés. Le gaz, enfin l'anesthésie n'était pas assez efficace et... Éden, quel est ton pouvoir ?
    Il reste silencieux quelques secondes.
    - Radiesthésie.
    Puis il ajoute :
    - Mais je suis incapable de connaître mon propre passé.
    Je lis rapidement ses pensées : confusion, reconsidération de tout ce qu'il a vécu, indécision. Pour moi les choses sont claires.
    C'est ma chance.
    - Je te propose un marché.
    Il fronce les sourcils.
    - Tu dois me promettre de rien dire.
    - OK. (Il marque une pause.) Je promet de rien dévoiler.
    -Je n'ai pas vraiment de capacité d'empathe. J'ai des capacités psioniques, je peux lire les pensées, introduire et contrôler les esprits. Mon seul problème est que j'ignore encore si le sujet est conscient de mon intrusion. Ce qui ne m'empêche pas d'agir. Comme dans la camionnette.
    - OK. Je savais pas. Hum... Qu'est-ce que tu me proposes ?
    Je vois bien qu'il est un peu perdu malgré sa façade droite. Je continue.
    - Je pourrais, à un moment où on sera plus au calme, essayer d'introduire tes pensées pour t'aider à retrouver ta mémoire, à te souvenir de ton passé et tu me diras si tu es conscient de mon intrusion. Je vais te laisser y réfléchir. Seulement, ne dévoile rien sur ma spécificité.
    - Je te promet que je ne dirais rien et je vais y réfléchir.
    Alors que je commence à m'éloigner, il m'interrompt :
    - Tu as déjà lu dans mes pensées ?
    Je m'arrête un moment, le regarde dans les yeux.
    - Non.
    Pouvais-je réellement dire oui ?


jeans
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Re: Post Apocalyptique

Message par Fille Du Printemps le 29 Oct 2017, 11:49

Chapitre 3 Partie 7
Ivan Shynn


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    Aaron m'aborde juste après le petit-déjeuner, le deuxième jour. Il a l'air soucieux.
    - Ivan ? On a besoin que tu transmettes un message. (Il jette un coup d'œil autour de lui. Le couloir est désert. Il me chuchote : )
    - Ces entraînements, ce sont des blagues. Ils veulent nous pousser à bout et assassiner les moins résistants. J'ai pas le temps de t'expliquer en quoi consiste le plan exactement, mais sache qu'il est pas question qu'on les laisse faire. Il faut que tu nous fasse confiance. Préviens Zoey. Tu sauras quoi lui dire ?
    Je fais "oui" de la tête, écœuré. À quoi ça serve qu'ils aient fait tout ça si c'est pour se débarrasser de nous ? Une autre question me vient tout aussitôt : comment vais-je faire pour parler à Zoey ? On est surveillés en permanence. Et je n’ai pas beaucoup de temps libre. Je vais devoir établir un plan. Le plus vite possible. Mais pour l’instant, je suis attendu et il vaut mieux que je n’arrive pas en retard.
    Pour la première simulation, je m’étais retrouvé dans un décor que je connaissais par cœur. Les collines désertiques qui entourent Los Angeles, que j’avais parcourues des centaines de fois dans mon enfance. Mais au loin, la ville n’était plus qu’un champ de ruines.
    Des mots me sont revenus, ceux prononcés par la femme juste avant qu’elle ne m’injecte son produit. Ce n’était pas le vrai désert. Juste une illusion. Une illusion. D’un coup, j’ai su comment échapper à ce cauchemar. Je me suis mentalement représenté le paysage tel que je le voyais, et je l’ai remplacé par l’espèce de hangar où ces tests avaient lieu. J’ai craint un instant que ça ne marche pas, que leur produit soit plus fort que moi. Et puis le décor s’est estompé, et je me suis retrouvé en face des examinateurs. Ils ont fait une drôle de tête - peut-être qu’ils s’attendaient à ce que je panique, ou que je n’y arrive pas. Quoi qu’il en soit, ils ont essayé diverses formules depuis, mais elles se sont révélées inefficaces – à la fin, ils ont abandonnés. Ce qui en veut pas dire qu’ils ont arrêtés leurs autres tests stupides.
    Deux heures plus tard, ils consentent à me laisser quitter la pièce, après que j’ai dégommé des dizaines de cibles – et raté quelques-unes. La mission que m’a confiée Aaron m’inquiète. Je n’ai aucune idée de la manière de parler à Zoey. Et pourtant c’est essentiel.
    C’est allongé sur le lit, occupé à fixer le plafond, que la réponse me vient. Ces pièces n’ont pas de fenêtres, mais il faut bien renouveler l’air. Les grilles d’aération, bien évidemment, ne sont pas suffisamment larges pour qu’on lui puisses passer à travers, mais je crois avoir vu passant dans un couloir une prise d’air dans laquelle je pourrai me glisser.
    Il reste encore deux points à éclaircir : le premier, est-ce que le couloir en question ne sera pas surveillé ? Et le deuxième, où se trouve la chambre de Zoey ? Je décide de vérifier le premier point juste après midi. J’ai presque une heure de libre avant mon prochain entraînement.
    Je m’éclipse juste après le repas et me mets en quête du fameux couloir, que je trouve rapidement. La plaque y est effectivement. Fixée avec des vis, mais j’ai pensé à récupérer une petite cuillère (les autres couverts sont plus surveillés car on pourrait s’en servir comme arme) pour m’en servir de tournevis. Je vérifie que les caméras sont tournées vers une autre direction avant de m’attaquer aux fixations. Je galère quelques instants avant de ne parvenir à les faire céder – le manche de petite cuillère n’est pas un outil très approprié. Rapidement, je me glisse à l’intérieur et referme derrière moi.
    Il me faut un peu de temps avant de m’habituer à la luminosité très faible et je manque l’attaque de panique en découvrant une superbe araignée qui me dévisage. Je me mord la langue pour ne pas hurler et étudie le conduit après avoir retrouvé un rythme cardiaque normal. Il commence par grimper verticalement puis forme un coude et s’enfonce dans le mur. Je me relève. Il est plus haut que moi, mais je touche le bord si je me redresse sur la pointe des pieds, mains au dessus de la tête. J’essaye plusieurs fois de me hisser en sautant, sans y parvenir. A la cinquième ou sixième tentative, je parviens à faire tenir à peu près mes pieds sur la paroi et réussis à grimper sur le rebord. J’ai les bras en compote. Et dire qu’il va falloir que je rampe pendant je ne sais combien de temps dans ce couloir sombre et pleins d’araignées ! (Quelle horreur, ces bestioles !)

    Une heure plus tard, je suis de retour dans le couloir, à refermer les vis. Je me repasse en boucle les images de mon entrevue avec Zoey. Elle n’est vraiment pas bien. Je ne sais pas ce que ces pourritures lui ont fait, mais elle n’a pas l’air de s’en remettre. Ils sont parvenus à la faire craquer, ou presque. J’espère être parvenu à la rassurer pour qu’elle tienne la semaine. Mais dans quel état est-ce qu’elle sera à la fin ? Et est-ce qu’elle pourra s’en remettre un jour ?
    Désorienté plus que rassuré par notre discussion, j’arrive en retard à mon entraînement. Heureusement, les responsables sont trop occupés à discuter entre eux pour prêter attention à moi. Au début, ils parlent trop bas pour que je puisse entendre quoi que ce soit, puis je capte la fin d’une phrase : "...une erreur, selon moi." Son collègue lui souffle quelque chose d’un air alarmé et l’échange s’arrête là. Ils se retournent vers moi et l’un des deux – celui qui pensait qu’il y avait eu une erreur – m’annonce d’un ton distant :
    - Ta camarade Joyce n’a pas réussi à passe cette première phase de tests. Elle ne participera pas à la mission avec vous.
    Souffle coupé, je prend conscience de ce que ça signifie. De quelle était "l’erreur". Ils s’en sont débarrassés.
    Nous ne sommes même pas encore partis qu’il y a déjà un mort.




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Re: Post Apocalyptique

Message par Fille Du Printemps le 29 Oct 2017, 11:57

Chapitre 3 Partie 8
Alice Dubois


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    Encore une fois, je me retrouve dans ce paysage de désolation. Si ma vue n’était pas brouillée par l‘épuisement, je verrais le sol totalement brûlé. Les seuls arbres qui restent debout ne sont plus que des tronc noirs aux branches tordues. Certains sont aussi fins que des bambous, mais d’autres sont trop grands pour que je puisse les entourer avec mes bras. Celui contre lequel je suis appuyée le temps de reprendre mon souffle est branlant. Si je transfère totalement mon poids dessus, il s’écroule. Et pourtant, ce n’est pas comme si j’étais très lourde.
    Il y a quelqu’un ici. Je le sens – mais difficile de dire où. Il pourrait se cacher derrière tous ces arbres. Ou n’être qu’un produit de mon imagination. Il pourrait me tomber dessus alors que je déambule dans cette forêt morte. Je dois le trouver avant que lui ne me trouve. C’est la règle du jeu. Et si je n’obéis pas, ils pourraient faire de moi ce qu’ils ont fait de Joyce.
    Ajouter un cadavre ici. C’est tout ce que j’ai à faire.
    Je n’ai pas envie.
    Éden et Aaron nous ont promis qu’ils pourraient empêcher ça. Ils se sont trompés. On ne peut pas arrêter ça. Pas avant que les Solaires ou nous aient été exterminés. La Mort rôde. Elle se réjouit à l’avance d’avoir tant de coups à donner. Ce sont les règles de la guerre, à ce qu’il paraît. Ce sont les règles de la jungle, ais-je envie de répliquer. Tuer, ou être tué. Pas d’autres options.
    Je ne veux pas mourir. Alors je dois faire ce pourquoi j’ai été conçue.
    Cette traque dure depuis le début de la journée. C’est la plus longue de celles que j’ai menées jusque là. J’ai couru sur des kilomètres. Toujours poursuivie par cette impression. Il y a quelqu’un ici.
    Je suis désarmée. Les genoux en sang et le visage couvert de cendre. Je n’ai aucune idée de la façon de sortir de ce cauchemar. Si mon poursuivant ne se montre pas, je pourrai y rester des jours. J’ai peur. Si c’était un vrai cauchemar, je pourrais essayer de me concentrer suffisamment et me réveiller. Mais même ce recours ne m’est pas possible. Pourtant, j’aimerai tellement me réveiller. J’aurais les idées claires et le cerveau reposé. Je pourrais établir un plan qui me permettrait de mettre hors d’état de nuire mes hypothétiques poursuivants. Parce que là, je sèche.
    Ahaha. Très drôle, Alice. Trouve-toi à boire, au lieu de faire des blagues stupides.
    Si c’était aussi facile, je n’aurais plus soif depuis longtemps. Je serais dans une vallée toute verte, avec des ruisseaux partout. Et des mûres. J’adore les mûres. Et aussi des pêches. Et des arbres à sucre d’orge. Ceux à la fraise. Et des buissons entiers de chocolat et de friandises. Il n’y aurait pas d’Intelligences Artificielles à moitié humaines, pas de guerre, pas de morts, pas de paysage d’apocalypse, pas de poursuivants imaginaires. Jamais de faim, de soif, de fatigue.
    Mais ce ne serait pas juste pour les autres. Cette pensée fait s’évanouir tous mes rêves d’un coup. Ça, et les craquements de l’arbre mort qui s’est décidé à casser. S’il y avait eu des oiseaux, ils se seraient tous envolés en piaillant. Le silence est trop profond. Juste après la fin de ce vacarme, j’entends d’autres craquements. Ceux-là de branches brisées sous le pied de quelque indélicat. Mon sang ne fait qu’un tour. Je me rend invisible en un instant et prend la fuite.
    Combien de temps avant qu’on ne remarque mes traces dans la poussière ? Aurais-je de quoi tenir jusque là ? Je vais m’évanouir. Me prendre une racine à cause de ma vision trouble et me casser une cheville. Je ne serais pas assez rapide pour le semer. Enfin, mais qu’est-ce qui te prend ? Cours au lieu de penser à ces bêtises !
    Trop tard. Je commence à voir des points noirs qui dansent devant moi. Illusions ? Non, épuisement et hypoglycémie. Est-ce qu’on peut décider d’interrompre une simulation parce qu’elle n’a pas de résultats concluants ? Oh, s’il vous plaît, faites que ce soit possible. Sauf que ça voudrait dire que je subirais sans doute le sort de Joyce. Décide-toi. Dans une forêt lugubre ou une salle stérile ?
    Franchement, ça ne m’aide pas beaucoup. Un moyen de le tuer. Il me faut un moyen de le tuer. Je peux essayer de lui tendre un piège. Est-ce qu’il tombera dedans ? Pas sûr. Mais je n’ai pas d’autres solutions. Je ne peux pas fuir comme un lapin éternellement.
    Je n’ai à disposition que des moyens limités. Je casse une grosse branche en faisant le plus de bruit possible. Brièvement, je me demande à quoi ont servi les inventions de la bombe atomique ou du fusil mitrailleur si c’est pour que j’en sois réduite à utiliser un gourdin, façon préhistoire.
    Prions pour que le Solaire se laisse prendre au piège. Lorsqu’il se montre enfin (ça a marché!), je découvre que c’est une femme ; Je ne sais pas ce qui est le pire, entre sa beauté glacée et son visage totalement neutre. Elle me cherche. S’approche de moi. Encore plus près. Je me ramasse, prête à bondir. Plus que quelques dizaines de centimètres…
    Une poigne de fer s’abat sur mes poignets et m’immobilise. Me force à lâcher mon arme de fortune. Je me débats en vain. La femme lève son regard dans ma direction. Il est tellement vide…
    J’ignore totalement si on peux à nouveau me voir ou pas. J’ai l’impression que ça ne changera rien. Pourquoi est-ce que cette simulation ne s’arrête pas ?
    Brutalement, je me demande si ce n’est pas un moyen de se débarrasser de moi. Si ce n’était pas une façon de tester mon endurance, et que je l’ai raté. Mais je ne peux pas être tuée par une simulation…
    Et si ce n’était pas des simulations ? Si on pouvait y inclure d’autres personnes, réelles ? Si la Solaire était réelle elle aussi, aussi réelle que la personne qui me retient?Je donne des coups de pieds dans le vide. Je neveux pas mourir !
    Je n’ai pas le choix. On va m’injecter un poison et récupérer mes puces électroniques.
    Juste avant de m’évanouir, j’aperçois une lampe blanche aveuglante et sens la dureté de la table sous mon dos. Puis la piqûre de l’aiguille dans la nuque.
    Que s’est-il vraiment passé ?




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